Rock en Seine 2006
J’étais resté sur une impression négative lors de mon premier passage à Saint Cloud, il y a deux ans. Les défaillances d’organisations étaient alors flagrantes et la manifestation transpirait le fric. Deux éditions plus tard, peu de choses ont changé, bien sûr l’affiche est superbe, mais tout le reste en pâtit, à commencer par le prix des denrées consommables. Mieux vaut prévoir le sandwich dans le sac, à moins d’être millionnaire ! A 7 euros l’assiette de couscous, 5 euros la pinte de bière, pas de quoi sortir son porte monnaie tous les quarts d’heure. C’est un point noir, mais sûrement pas le plus important. Ce festival aux grandes dents n’a pas d’âme… C’est triste pour une manifestation culturelle, transformée ici en usine à concerts. 40 minutes pour Wolfmother, 55 pour Dj Shadow et hop, terminé, on s’en va. Tout le monde repart après le dernier concert, qui a envie de rester boire un verre après les concerts ? Pas grand monde à en voir le flot humain se dirigeant vers la sortie… Rock en Seine a pour lui l’affiche, mais un dernier coup de gueule négatif pour signaler quelques déceptions artistiques : Dj Shadow, je m’attendais vraiment à une tuerie de set electro, mais l’artiste en a décidé autrement, il s’oriente vers une tendance Hip Hop qui ne me plaît guère. Puis Clap Your Hands Say Yeah, mais là, pas vraiment de leur faute, Alec, le chanteur s’est déchiré la voix il y a quelques temps. Il n’était pas guéri et c’est bien dommage. Viennent ensuite Calexico (trop mou), Phoenix (trop banal), The Raconteurs (trop pédant). Rayon bonnes choses, quelques articles à signaler, à commencer par l’excellente prestation de Beck et de ses marionnettes. Un show inventif, couplé à un panel de tout ce qu’a fait de mieux le petit surdoué du folk rock electro. ‘Looser’ en entrée, ‘Devi’ls Haicut’ en plat de résistance, ‘Where it’s at’ en fromage et ‘E-pro’ en dessert. Un concert parfait, jeu de scène compris. Beck Hansen et sa bande précédaient Radiohead, le groupe d’Oxford proposait un régal de concert, un poil moins intense que celui de Budapest cependant. ‘Karma Police’ en clôture d’un set qui aura vu le groupe jouer la plupart des tubes d’Ok Computer et des albums suivants. Un festival qui finira donc sur une bonne note, enfin…