Rencontre avec Sami Bouajila, Bernard Blancan et... Djamel Debbouze
S’il a l’habitude d’en faire des caisses, la sienne ne laisse pas indifférent. Jamel Debbouze débarque au Gaumont Grand Quevilly en gros 4X4 noir, avec une heure et demie de retard. Trop tard pour la conférence de presse, elle se fera sans lui, mais avec Sami Bouajila et Bernard Blancan, deux des acteurs principaux du film. Oui, si tout ce petit monde était là, ce n’était pas par hasard, ils présentaient ‘Indigènes’, un film magnifique écrit et réalisé par Rachid Bouchareb, absent ce soir là car retenu au Canada. Une page de l’histoire de France un peu vite oubliée (a-t-elle seulement déjà figuré quelque part ?), celle des soldats des pays colonisés qui se sont battus pour la mère Patrie,
Sami Bouajila, lors de la conférence de presse, évacuait étrangement le sens politique évident du film, il défendait le côté spectacle… Si l’on évite ce sujet, il est impossible de contourner l’objet pédagogique que représente ce long métrage. Qui a lu un jour dans son livre d’histoire scolaire que les bougnoules étaient sacrifiés en première ligne de la guerre des français ? Qui ? Tabou, quand tu nous tiens, il en était de même lors de la sortie de ‘Joyeux Noël’ de Christian Carion, la fraternisation entre français et allemands, personne n’en avait parlé. Un film émouvant, fort, surtout pas drôle (oui il faudra expliquer aux jeunes qui riaient à chaque apparition de Jamel à l’écran que là n’était pas le but recherché…) qu’il faut absolument aller voir. En plus d’être fort, il est bien fait et très bien joué. Bernard Blancan était aux côtés de Sami Bouajila lors de la conférence de presse, sous ses airs de Sergent pourri, se cache un homme à l’humour subtil, très attachant. A la question ‘Comment s’est passé votre passage à Cannes ?’, il répondit : ‘Oh Cannes, c’est surfait !’. Une belle rencontre, Jamel est enfin arrivé, mais trop tard, pas grave.