Grandeur et décadence de la Katamalanasie, immense pays d'Afrique noire soumis à la plus sanglante, mais aussi la plus absurde des dictatures. Les morts n'y meurent jamais tout à fait, juste retour des choses puisque les vivants n'ont guère le droit d'y vivre. Si le constat de Sony Labou Tansi, pour drôle et réjouissant qu'il soit, peut paraître pessimiste, c'est qu'il décrit, au-delà du continent africain, le monde du prochain siècle: «Au fond, la terre n'est plus ronde. Elle ne le sera jamais plus. La vie et demie devient cette fable qui voit demain avec des yeux d'aujourd'hui.»
"La vie et demie" de Sony Labou Tansi ne se laisse pas apprivoiser facilement, tant le récit écorché d’un pays d’Afrique, la Katamanalasie, s’apparente à une bête sauvage de la littérature. Un ensemble à fleur de peau, tout en cruauté et en émotion dans lequel il est difficile de s’immerger. L’auteur passe d’une histoire à l’autre, sans prévenir, d’une mythologie à un présent compliqué, pas vraiment passionnant pour les non-initiés. A mi-chemin entre le conte africain et une réalité que l’on n’ose imaginer, cette "Vie et demie" se révèle indigeste, aussi bien par le style que par son contenu. Sony Labou Tansi est une référence dans la littérature africaine, il dénonce à travers son œuvre les errances de la dictature. Pas suffisant pour trouver une place de choix dans ma bibliothèque.